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Pharisiens et scribes

"Je vous le dis même en Israël,je n'ai pas trouvé une telle foi !! "
Cette rubrique vous propose des textes tirés de différentes lectures ou relectures de l'Evangile, et qui commentent une rencontre...
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Les scribes et les Pharisiens

Les scribes et les pharisiens accumulaient les préceptes et les détails d'observance. Ils rendaient ainsi la Loi impraticable pour le commun des fidèles. Jésus s'insurgeait contre cette façon « d'imposer de lourds fardeaux » aux autres !

Il s'agissait d'une religion extérieure et formelle. Ils servaient Dieu extérieurement mais ce service ne venait pas du cœur. Ils s'appliquaient à une multitude de formalités comme le cérémonial du lavage des mains mais ils ne servaient pas Dieu de tout leur du cœur.

Un jour, Jésus eut l'occasion de réprimander les pharisiens pour leur hypocrisie. Jésus leur dit: "Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! Parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au-dehors, et qui, au-dedans, sont pleins d'ossements de morts et de toutes espèces d'impuretés. Vous de même, au-dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais, au-dedans, vous êtes pleins d'hypocrisie et d'iniquité."

En clair l'hypocrisie trouve son lieu de prédilection et son apogée dans la religion et c'est là qu'il faut la dénoncer.
Le terme d'hypocrite a presque toujours une connotation religieuse. Il culmine dans la série de malédictions proférées contre les scribes et les pharisiens.

Quelle est leur principale hypocrisie ? Ils mettent des fardeaux pesants sur les épaules des hommes, mais eux ne lèvent pas le petit doigt pour les aider à les porter. Quels peuvent être des fardeaux dans le milieu du premier siècle ?

Il y a certainement l'occupation romaine avec sa cohorte de vexations et de brimades. Il y a, comme aujourd'hui le poids des impôts et la question du tribut payé à César n'est pas étrangère à cette préoccupation.

Mais il y a surtout le joug de la torah. Cette expression revient à plusieurs reprises dans le Nouveau Testament et dans des écrits de la même époque.

Cette loi dans ses ultimes prescriptions est pesante, voire impossible à suivre. Toute leur vie manifeste un respect presque maladif des plus infimes prescriptions.

Le reproche historique de Jésus en direction des chefs religieux de son temps garde toute sa valeur pour les responsables d'églises.

Alourdir, compliquer à plaisir la " pratique " de la Loi du Christ la met hors de portée des gens simples affrontés à des conditions de vie déjà fort complexes.
C'est l'Esprit qui vivifie

Il faut s'en tenir clairement et fermement à l'essentiel. Pousser l'exigence trop loin, c'est provoquer le découragement, voire l'éloignement. L'abus d'autorité existe dans les structures d'églises, dans les familles, dans les entreprises et les organismes sociaux…

Ce n'est pas à cause de ses mérites que le peuple de Dieu est un peuple "saint", c'est l'Esprit de Dieu qui fait de ceux qui s'y ouvre "une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple que Dieu s'est acquis" .

Pourtant Jésus n'en reste pas au stade des invectives, lors d'une autre rencontre alors que les Pharisiens l'accusent de côtoyer les pécheurs , il essaie à nouveau de les convaincre avec la parabole de l'enfant prodigue...

Jésus ne pouvait évoquer avec plus de tact le drame intérieur de ces Pharisiens et de ces scribes qui se scandalisaient de le voir frayer avec les pécheurs. C'était une manière délicate de leur dire qu'ils étaient, eux aussi, aimés de Dieu d'un amour de choix, mais qu'il ne suffisait pas de n'avoir jamais transgressé un seul ordre de la Loi pour entrer dans la nouvelle proximité de Dieu et dans la grande joie messianique.

Il les invitait à s'ouvrir à la grâce du Royaume : une grâce qui ne découle pas de nos bonnes actions, mais qui jaillit, toute gratuite, du coeur miséricordieux de Dieu.

Hélas, ! pour ces hommes crispés sur la Loi et leurs oeuvres, comme sur la barre de leur destin, croire en une telle grâce, c'était faire le saut dans l'inconnu ; cela équivalait au suicide.

A la différence des publicains et des pécheurs qui se savaient dénués de tout mérite, ils ne comprenaient pas que parier sur une telle grâce, c'était vraiment jouer à qui perd gagne.

Quant à jésus, en invoquant la miséricorde de Dieu pour justifier sa propre conduite envers les pécheurs, il donnait à entendre qu'il était dans le secret du Père et qu'il connaissait parfaitement les dispositions de son coeur. Bien plus, il se présentait comme celui qui actualise et rend présent dans le monde l'amour incommensurable de Dieu.

Ne pensez pas, dit Jésus, que je sois venu abolir la Loi ou les prophètes. Je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir!

L'enseignement spirituel et moral du Christ ne consiste donc pas à bâtir un nouvel édifice aux côtés des ruines d'un ancien , mais plutôt à accomplir, à mener à son plein épanouissement l'édification du premier!







 


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