Les Femmes1
"Femme, ta foi est grande , que tout se fasse comme tu le veux"
| Cette rubrique vous propose des textes tirés de différentes lectures ou relectures de l'Evangile, et qui commentent une rencontre... |
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Dans la société antique, il y avait deux catégories d'êtres humains qui comptaient peu : les femmes et les enfants. L'expression " sans compter les femmes et les enfants ", que l'on trouve deux fois sous la plume de Matthieu (Mt 14, 21; 15, 38) traduit bien la mentalité de l'époque.Les femmes et les enfants ne se comptent pas, parce qu'ils ne comptent pas dans la vie publique. La femme était souvent méprisée, toujours dépendante. Réduite au rôle de servante ou d'esclave de l'homme, elle ne s'appartenait pas vraiment elle-même; elle n'avait pas de dignité propre, ni comme fille, ni comme mère, ni comme épouse; elle était toujours à la disposition de l'homme. Jésus porte sur la femme un autre regard; il la voit dans la lumière du Règne qui vient. Il se montre aussi déférent et accueillant à la requête des femmes qu'à celle des hommes. Bien souvent il n'attend pas qu'elles lui expriment leur détresse. Il la devine. C'est le cas pour cette femme qui souffrait d'une hémorragie depuis des années et qui se trouve guérie pour avoir simplement touché la frange de son manteau, par-derrière. Que ce soit par des guérisons ou par le pardon qu'il leur accorde, jésus révèle aux femmes que Dieu s'est aussi approché d'elles, et qu'elles sont l'objet de sa miséricorde et de sa tendresse. N'est-ce pas le sens profond de la guérison, un jour de sabbat, de cette femme courbée qui ne pouvait se redresser ? Elle n'avait pourtant rien demandé, elle non plus. Mais Jésus l'a vue et il s'est ému de sa détresse, de sa dignité bafouée. Voici dix-huit ans qu'elle souffre de cette infirmité, qu'elle est condamnée à vivre !a face tournée vers la terre. Et dans la mentalité du temps, ce ne peut être qu'un démon qui la tient ainsi enchaînée. Cela, jésus ne peut le supporter plus longtemps, lui qui vient annoncer un monde nouveau. | Mais, par-delà l'infirmité physique, n'est-ce pas aussi la condition dépendante et inférieure de la femme qui est ici visée ? Cette femme courbée est bien le symbole de la femme écrasée sous la domination et le mépris de l'homme.Guérie, remise droite, elle devient le symbole de la femme libérée, rendue à sa dignité. Une dignité plus sacrée, aux yeux de jésus, que le sabbat lui-même :"Cette fille d'Abraham, réplique-t-il au chef de la Synagogue qui s'indigne de cette guérison, ne fallait-il pas la libérer, même le jour du sabbat ? " Et ce ne sont pas seulement les filles d'Abraham que jésus accueille et libère. On le voit avec cette femme païenne,d'origine syro-phénicienne, venue l'implorer pour sa fille que Satan tourmente. Si, au premier abord, jésus semble la repousser, protestant qu'il n'est envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël et qu'il n'est pas bon de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens, il ne peut contenir son admiration quand cette femme lui réplique, avec beaucoup d'humilité et de confiance, que les petits chiens, sous la table, se régalent des miettes des enfants. Et Jésus l'exauce sur-le-champ. Si Jésus, contrairement à l'usage admis, accueille des femmes dans son entourage immédiat, ce n'est pas simplement en raison des humbles services domestiques qu'elles peuvent rendre à la communauté apostolique. Le regard qu'il porte sur elles dépasse la conscience commune des hommes de son temps. Il les voit à travers le Royaume qui vient. C'est un regard libérateur, au plein sens du mot. Luc rapporte un épisode qui est révélateur de ce regard nouveau. La scène est bien connue : Un jour, jésus entra dans un village, et une femme du nom de Marthe le reçut dans sa maison. |
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