Les Femmes3
"Femme, ta foi est grande , que tout se fasse comme tu le veux"
| Cette rubrique vous propose des textes tirés de différentes lectures ou relectures de l'Evangile, et qui commentent une rencontre... |
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L'événement qui est en train de se produire la concerne directement elle aussi. C'est à la clarté du Règne qui vient, que Jésus considère la femme. Le reproche qu'il adresse à Marthe vise donc à l'éveiller à une nouvelle conscience de soi, à cette part d'elle-même qui dépasse infiniment le rôle et le rang auxquels la société la voue et avec lesquels elle a fini par se confondre. Jésus défend la femme contre elle-même, au nom de la meilleure part de son être. Ici comme toujours, il vient sauver ce qui est perdu. A la femme devenue étrangère à elle-même, il rend un espace de liberté, où elle peut enfin exister, comme un être qui a une dignité. Il s'agit bien d'un chemin de liberté. " Marie, dit Jésus, a choisi la meilleure part. " Nul ne peut imposer à la femme d'exister d'une manière authentique et plénière. Cela suppose de sa part un choix, un engagement, l'affirmation d'une liberté. " On ne naît pas femme, écrit Simone de Beauvoir, on le devient. " Marie a choisi d'exister selon la part la plus haute, la plus authentique, de son être de femme. Et cet acte de liberté exprime déjà tout son être. Chemin de liberté, mais aussi de gratuité. Alors que Marthe se veut efficace et se donne beaucoup de peine pour l'être, Marie ne fait rien apparemment. Elle se tient en silence à l'écoute de la Parole; elle se contente de faire une place en elle au Royaume qui vient; elle accueille, dans sa gratuité, la nouvelle proximité de Dieu que Jésus lui révèle. Bref, elle est toute réceptive et, aux yeux de Marthe, toute passive. Et cependant c'est elle que le Maître félicite. Car des deux femmes, elle est celle qui se trouve engagée dans la grande transformation du monde, dans l'avènement du monde nouveau et, par là même, dans le progrès de la conscience vers une compréhension plus totale de soi, d'autrui et de l'univers. | Car écouter en silence la voix venue du Père, c'est non seulement laisser advenir le Royaume dans le chemin de sa plénitude et faire l'expérience de la tendresse de Dieu, mais c'est aussi et indissolublement naître à la meilleure part de soi-même et s'engager dans la voie d'une authentique libération humaine. La venue du Royaume, par sa gratuité même, ouvre l'horizon à partir duquel l'être humain peut se penser, non plus en termes de moyen et de dépendance, mais de liberté et de dignité. La nouvelle proximité de Dieu, avec l'infinie tendresse qu'elle implique, devient le ferment qui fait grandir la conscience de l'homme. En cela réside la force révolutionnaire du message de Jésus. C'est au niveau de la relation de l'homme à la femme, dans le couple, que se manifeste avec le plus de vigueur cette force révolutionnaire de la tendresse de Dieu. Un jour, des Pharisiens demandent à Jésus : " Est-il permis à un homme marié de renvoyer sa femme ?" . Le Maître leur répond : " Que vous a prescrit Moïse ? " "Moïse, dirent-ils, a permis de renvoyer sa femme, à condition de rédiger un certificat de répudiation. " Jésus leur dit alors : " C'est à cause de la dureté de votre coeur que Moïse a permis cela. Mais au commencement, il n'en était pas ainsi. Quand Dieu créa l'humanité, il fit le couple, homme et femme. C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux ne seront plus qu'un... Que l'homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni " Les hommes de la Loi ont demandé : " Est-il permis ?... " Mais Jésus ne s'est pas laissé enfermer dans les catégories du permis et du défendu. |
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